24 Heures Motos – Les qualités nécessaires pour être un pilote d’endurance
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24 Heures Motos – Les qualités nécessaires pour être un pilote d’endurance

Être pilote d'endurance nécessite des capacités mentales et physiques spécifiques pour deux objectifs cruciaux : être performant sur des courses de 24 Heures et savoir partager sa machine.

"Pour être pilote d’endurance, il faut avant tout avoir un bon esprit d’équipe, nous explique Stéphane Haddadj, Team Manager de National Motos, beaucoup de pilotes veulent régler la moto avec leurs préférences dès leur arrivée en Endurance, or avec 3 à 4 pilotes par équipe, il faut savoir faire des sacrifices et accepter d’avoir une moto optimisée pour l’ensemble de l’équipe et non uniquement pour soi. C’est une des premières qualités que doit avoir un pilote d’endurance. Il faut donc accepter l’échange, en équipe."

Ensuite, après l'esprit, il faut disposer d'un physique car l'endurance demande un entraînement intensif. "Contrairement à un pilote de vitesse qui doit produire son effort pendant 50 minutes, un pilote d’endurance doit, lui, répéter son effort jusqu'à 8 fois pendant la course. Il faut donc avoir une bonne préparation physique qui passe par des sports d’endurance et une bonne hygiène de vie.  Nous devons faire attention, ne pas commettre d’erreur, estime Markus Reiterberger de la BMW #37 du BMW MOTORRAD WORLD ENDURANCE TEAM, on ne sait jamais ce qui va se passer pendant une course de 24 heures! C'est très long et difficile. Si nous n'avons pas de problème mécanique et que nous ne commettons pas d'erreur en piste, que nos chronos sont réguliers, la course devrait être facile pour nous mais on ne sait jamais ce qui peut arriver."

Avec une préparation sensiblement différente que celle des adeptes de la vitesse, les pilotes d'endurance doivent gérer des efforts particuliers : il s'agit de renouveler le même exercice tout en ayant moins de sommeil et plus de fatigue engendrée par la durée de l'épreuve. Une grandre capacité de récupération entre deux relais est nécessaire car il faut souffler, manger, se reposer et se préparer pour repartir.

Il faut aussi savoir s'adapter en permanence : aux conditions de course, aux faits de course, aux chutes, à une place qui n’est pas dans les objectifs de l’équipe et à la météo. Il faut savoir être rapide tout en ayant une conduite sûre, nous dit Louis Rossi, pilote de la #6 Ducati ERC-Endurance, ancien pilote de vitesse en Grands Prix.

Justement, Comme Louis Rossi, les pilotes d’endurance, viennent assez souvent de la vitesse. Certains peuvent aussi commencer par un team de la catégorie Superstock, pour ensuite évoluer en EWC. Le recrutement des pilotes se fait par des échanges, des observations de ce qu’il se passe en Superstock et vitesse. Pour s’habituer à rouler de nuit ou de jour,  le seul moyen est de faire des courses.

Pour Hugo Clere, pilote de la Yamaha #96 de l’équipe Moto Ain (leader de la catégorie Superstock du championnat): «Pour être un bon pilote des 24 Heures Motos, il faut posséder deux qualités. La première, c’est avoir un bon mental. Les 24 Heures Motos sont une course éprouvante mentalement car on se bat contre la fatigue, la douleur et contre certains éléments comme la météo. Il faut vraiment être motivé pour reprendre le guidon de la moto en plein milieu de la nuit et dans le froid. La deuxième, c’est l’esprit d’équipe car on gagne ensemble mais on perd aussi ensemble. En Endurance, on roule pour toute une équipe. Nous ne sommes pas seuls. Il y a beaucoup de bénévoles dans les équipes qui s’investissent énormément et notre devoir c’est de récompenser leurs efforts en allant chercher le meilleur résultat possible. L’expérience n’est plus une qualité nécessaire car de jeunes pilotes s’engagent en Endurance et parviennent à remporter des courses. Idem pour la régularité. Le rythme est tellement élevé depuis plusieurs années que ce n’est plus un élément clef pour faire un bon résultat. »

PHOTO : LE MANS (SARTHE, FRANCE), CIRCUIT BUGATTI, 24 HEURES MOTOS, VENDREDI 28 AOÛT 2020, ESSAIS LIBRES. Pour réussir en Endurance, les pilotes doivent générer des efforts particuliers mais aussi assurer une bonne gestion du trafic en piste.